Population d’ours des Pyrénées : L’effectif symbolique de 100 ours est atteint, mais il reste un long chemin vers la viabilité

Population d’ours des Pyrénées : L’effectif symbolique de 100 ours est atteint, mais il reste un long chemin vers la viabilité

© Olivier Paris
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Communiqué de FERUS

Le dernier rapport de l’OFB, publié le 3 avril 2025, montre un effectif détecté de 96 ours en 2024 pour 83 en 2023, soit une croissance démographique satisfaisante, supérieure à 10%.

7 ours déjà identifiés les années précédentes, mais non repérés en 2023, ont été de nouveau détectés en 2024. Ils ont donc été ajoutés à l’effectif 2023, portant son total à 90 ours au lieu de 83.

Nouveauté cette année, l’effectif total, incluant les ours potentiellement présents mais non détectés, a été estimé par calcul statistique et présenté officiellement : soit une population estimée à 104 ours. Il s’agit de la méthode CMR, la même qui permet l’estimation des populations de loups en France.

La population dépasse donc l’effectif symbolique de 100 ours, mais dont la valeur est seulement symbolique, pas scientifique.

Par ailleurs, on note un nombre record de portées d’oursons, en rapport avec la croissance de la population.

L’aire de répartition des 2 noyaux de reproduction continue de s’étendre, en particulier en Pyrénées Centrales, mais seulement en direction de l’Est (Haute-Ariège) et du Sud (Catalogne espagnole). Ces 2 noyaux restent malheureusement séparés, avec aucune femelle reproductrice entre eux, la vallée de la Garonne semblant jouer un rôle d’obstacle.

Côté noyau béarnais, un des 2 oursons de Sorita de 2023, Arriu, a été génotypé comme une femelle, une bonne nouvelle pour ce noyau encore démographiquement fragile, et dont le sex-ratio est fortement déséquilibré en faveur des mâles.

La conservation de l’espèce est-elle pour autant assurée en France ? Certainement pas.

L’OFB souligne dans son rapport une consanguinité croissante, confirmée par ses études précédentes et par une étude en cours de l’association Pays de l’Ours-ADET. Cette consanguinité tend d’ores et déjà à la réduction de la taille des portées. On en saura plus par une thèse en cours de l’OFB, prévue pour fin 2026, et avant cela par l’étude de Pays de l’Ours finalisée pour fin 2025.

Un constat prévisible étant donné que l’action essentielle de l’État en faveur de la conservation de l’espèce consiste à ne rien faire.

Le plan ours 2018-2028 a, ou plutôt avait, comme objectif une population efficace (individus participant à la reproduction et de bonne diversité génétique) d’au moins 50 individus, pour assurer la viabilité à court terme (sur 5 à 10 générations), quitte à lâcher de nouveaux individus prélevés dans des populations européennes sans consanguinité. Cette population efficace était inférieure à 10 individus d’après les dernières études de l’OFB. Sanction implacable, car l’État n’a jamais respecté les préconisations scientifiques en termes de lâchers.

D’autre part, le remplacement des individus morts de causes humaines est aussi une promesse non tenue du plan ours qui aurait permis une amélioration génétique.

En l’espèce, la stratégie des différents gouvernements en ce domaine consiste à refiler, pour des raisons politiques, la patate chaude au(x) gouvernement(s) suivant(s), jusqu’à son inévitable éclatement…

Cliquez ici pour consulter le rapport de l’OFB